Le discours européen porté par les partis institutionnels de droite ou de gauche est désespérant. Pour faire bonne figure, certains nous proposent une méthode pour la construction d’une autre Europe, c’est à dire de changer les règles du jeu en essayant de convaincre les 27 pays qui forment l’Union Européenne. En nous faisant croire qu’il est possible de transformer l’Union européenne de l’intérieur, on nous joue un très mauvais tour.
En guise d'éditorial: Vous avez dit émancipation?
L’éditorial précédent recommandait de garder à l’esprit que les initiatives locales que prendront les nouvelles équipes municipales ne permettront pas de ramener dans d’illusoires justes bornes l’économie autonomisée (le capitalisme) qui fonde nos existences. La politique est l’esclave de l’économie.
Il en sera de même avec les élections présidentielles de 2027 parce que méconnaître les bases du système social capitaliste, ne pas vouloir les comprendre autrement que sous une forme tronquée ne peut qu’aller à l’échec. Nous devons nous distancier d’une conscience formatée par la logique de la valeur, de la marchandise, du travail et de l’argent. Une force réellement émancipatrice doit nécessairement faire cet effort de compréhension puis poser les questions décisives.
Revue de presse
Paul Molac. Une vision française de la Bretagne
Le regard est rivé sur l’horizon. L’attitude se veut décontractée. Le code vestimentaire est assumé. La photo du député français, Paul Molac, illustrant le numéro d’avril 2026 du magazine Bretons, proposée par Ouest-France, cristallise l’ambivalence de cet homme : entre modernisme et tradition, maturité et décontraction, ancrage et projection, sérénité et servilité.
Il le dit lui-même : il est « citoyen français de nationalité bretonne ». Il est à l’image du parti présidentiel La République en marche, voulu par Emmanuel Macron, à qui il doit sa seconde mandature comme député en 2017 dans la 4e circonscription du Morbihan. Il incarne tellement la macronie qu’il en imite les codes : tout comme Macron avec François Hollande, il semble avoir oublié les premiers soutiens de gauche qui avaient pourtant fait de lui un député en 2012.
À n’en pas douter, Paul Molac est un pur produit du macronisme : il fait du « en même temps ». Ni de gauche ni de droite, du centre mou plus certainement. Pas vraiment français, mais pas totalement breton non plus, un sabot en Bretagne, l’autre dans la capitale. Le grand écart devient difficile à maintenir.
04/04/2026 – Lire plus sur Le Libertaire
L’Incendie universel - Le sujet de l’antisionisme à gauche
Julien Chanet est travailleur associatif à Bruxelles. Diplômé de Science politique, il réfléchit aux théories politiques et aux tensions qui anime les gauches, notamment l’antisionisme et l’antisémitisme. Il a publié à ce sujet dans plusieurs revues (Daï, Revue K).
À l’heure où les débats sur le conflit israélo-palestinien, l’antisémitisme et les luttes antiracistes fragmentent les milieux progressistes, cet ouvrage propose une plongée sans concessions dans l’une des thématiques les plus sensibles du progressisme contemporain : le rapport de la gauche à l’antisionisme.
Les prises de position sur l’antisémitisme évitent bien souvent d’aborder les notions de sionisme et d’antisionisme, reléguées, au mieux, à des chapitres isolés, au pire, à des impensés idéologiques. Il devenait nécessaire de reprendre ces questions en profondeur, sans éluder les controverses, sans céder aux simplifications, et sans craindre les excommunications symboliques.
À partir d’un ancrage antiraciste et anti-autoritaire, l’auteur interroge les impasses d’un militantisme piégé par ses propres slogans, en particulier lorsque la question juive se retrouve rabattue sur un seul signifiant : Israël. En articulant des éléments de théorie politique, de sociologie militante et de géopolitique critique, l’ouvrage explore les glissements qui peuvent mener d’un antisionisme politique à un antisémitisme masqué, parfois même assumé. Et de se demander : existe-t-il un antisionisme progressiste qui ne soit pas réactionnaire ? À quelles conditions le sionisme peut-il redevenir un objet de discussion politique, et non un mot tabou ou un épouvantail ?
Si l’auteur ne parle pas « de l’extérieur », mais bien depuis la gauche, loin des chapelles et des professions de foi, il s’adresse plus largement aux lectrices et aux lecteurs soucieux de ne rien céder aux politiques de domination, aux narratifs nationalistes et identitaires ni aux logiques réactionnaires. Mais il tire aussi la sonnette d’alarme face aux angles morts de la critique sociale, qui peuvent se traduire par une forme d’antisionisme antisémite, souvent masquée derrière des postures morales ou des slogans simplificateurs. L’auteur ne cherche pas à délégitimer l’antisionisme comme position politique, mais à interroger les formes qu’il prend, ce qu’il ignore, ce qu’il produit — y compris son accaparement de la solidatité avec la Palestine.
Le mythe de la représentation et l’imposture des « démocraties » modernes
Ceux que l’on qualifie de « pères fondateurs » des « démocraties » modernes aux États-Unis et en France, mais aussi au Canada et ailleurs, n’ont jamais prétendu fonder une démocratie. Bien au contraire, ils étaient ouvertement et farouchement antidémocrates, car ils ne voulaient pas que le peuple puisse se gouverner directement. Ils étaient en faveur d’une « république », terme par lequel ils désignaient un régime dans lequel le pouvoir législatif se trouve entre les mains des parlementaires auxquels le pouvoir exécutif — le gouvernement — doit rendre des comptes et, très souvent, demander d’approuver le budget et le choix des ministres. Leur modèle n’était pas Athènes, mais bien Rome, avec son sénat, ses élections et l’absence d’assemblées populaires. À Rome, déjà, Quintus Cicéron expliquait aux candidats, dans son Petit manuel de campagne électorale, que l’électorat préfère « un mensonge de ta part plutôt qu’un refus » et que « ce qui est indispensable, c’est de connaître le nom des électeurs, de savoir les flatter, d’être assidu auprès d’eux, de se montrer généreux, de soigner sa réputation et de susciter, pour la manière dont on conduira les affaires de l’État, de vifs espoirs ». Le parlementarisme s’inscrit donc dans une vieille tradition de l’Antiquité, mais qui n’a rien à voir avec Athènes et sa démocratie (directe).
par Francis Dupuis-Déri sur Le partage
Gramsci et les greffes d’ovaires
Qu’aurait pensé le philosophe Antonio Gramsci (1891-1937), cofondateur du Parti communiste italien (1921), de l’artificialisation et de la marchandisation de la reproduction humaine, telles qu’elles se développent aujourd’hui, en attendant de devenir la norme ? Que pensait-il de l’eugénisme/transhumanisme, déjà hégémonique de son temps, parmi les biologistes et les adeptes du « socialisme scientifique » (Trotski, Bogdanov & Cie) ? Il se trouve que le petit bossu à grosse tête a publié là-dessus, en 1918, un article que PMO remet en circulation.
De l’autorité par Friedrich Engels
Introduction par Pièces et main d’œuvre: Un an après la Commune, à l’automne 1872, Friedrich Engels, l’alter ego de Marx, exécute les « antiautoritaires » – c’est-à-dire les anarchistes et libertaires de l’époque – dans un article aussi bref que brillant. Si nous le republions un siècle et demi après sa parution dans l’Almanaco Republicano, ce n’est pas que nous, les anti-industrialistes, nous rendions à la rationalité technicienne de Engels, mais parce que celui-ci a l’avantage sur ses adversaires de poser le débat en termes clairs et corrects, et de mettre en lumière leurs contradictions.
L’écoféminisme
L’écoféminisme est une transmission. C’est l’œuvre des femmes qui étaient avant nous,c’est pour nous et c’est pour les femmes après nous. C’est une matrilinéarité magnifique. C’est quelque chose qui réside dans la chair, cela fait corps. C’est aussi un rapport avec tout ce qui n’est pas humain.
Élections 2022 par « Lieux communs »
Les élections françaises suivent depuis des décennies une trajectoire en spirale descendante : chaque scrutin accentue les traits les plus régressifs du précédent. Les non-campagnes électorales n’arrivent même plus à cacher la nullité des prétendants tandis que le délabrement omniprésent de la société est devenu un fait admis. Cachée par une apparente continuité institutionnelle, la crise de régime larvée révèle un chaos idéologique et social qui s’approfondit et nous fait entrer dans un univers de moins en moins familier.
La revanche du rameur par Dominique Dupagne
Le mal-être nous ronge et c’est l’organisation de la société humaine qui en est la cause. La médecine, pourtant dernier rempart contre la violence sociale et l’absurdité administrative, est l’exemple de cette aberration: elle peut nous sauver mais aussi broyer nos vies par ses excès.
Le chaos (extrait) par Pier Paolo Pasolini
A l’été 1968, Pier Paolo Pasolini inaugure une rubrique dans l’hebdomadaire « Tempo » qu’il intitule « Le Chaos » : c’est l’année des contestations, des manifestations étudiantes, de la lutte pour les droits civils. Dans un pays qui est en train de changer rapidement, Pasolini intervient de manière fortement polémique sur les thèmes dominant du jour, et ce qui sont prétextes à des réflexions.
Voici un extrait du livre qui réunit ses articles. Il concerne une polémique par lettres avec trois jeunes lecteurs qui restent d’actualité en 2022.
Les conséquences des dérives du monde moderne sur les abeilles par jean-Claude Guillaume 2/2
Nous avons vu dans la première partie que l’apiculture moderne a une grande responsabilité dans la fragilisation des colonies d’abeilles. Outre les problèmes environnementaux et celui du frelon asiatique, l’apiculture moderne est à l’origine de nombreux facteurs d’affaiblissement des populations d’abeilles
La solution à cette problématique de l’abeille, n’est donc pas de tenter de lutter contre les conséquences visibles (maladie ou parasite) comme cela se pratique sans grand succès depuis des années, mais de s’attaquer aux causes réelles de ces problèmes et de leurs conséquences, et de les éliminer. Ou, tout au moins, faire en sorte que l’abeille n’y soit pas confrontée.
En kiosques
N° 223 – mars-avril 2026 : La décroissance contre la désespérance
-
-
Agenda des amis de La Décroissance – Courriers des lecteurs
-
Éditorial : Le crash de la start-up nation
-
L’espérance, c’est la décroissance !, par Pierre Thiesset
-
La croissance attaque l’Arctique, Interview de Jan Borm
-
Le mouvement écologiste américain a été institutionnalisé et neutralisé, Interview de Will Potter
-
La saloperie : L’autoroute électrique, par Raoul Anvélaut
-
Casseurs de pub : Bientôt la pub dans ChatGPT, par Jean-Luc Coudray
-
Les écotartuffes : William McDonough et Michael Braungart, par Pierre Thiesset
-
Courriers des lecteurs – Bédé, Un anniversaire à l’ombre, par Druilhe et Domi
-
Courriers des lecteurs
-
interview de Stéphane, En avant la musique !
-
Lectures – Chronique de Patrick Chastenet, Sam Altman, le Terminator de l’IA
-
Méga-canal, méga-dégâts, Interview de Stéphane Crozat, Frédéric Huet, et Pteroi
DOSSIER – La décroissance contre la désespérance
-
Décroissance ou barbarie, par Nathanaël Wallenhorst
-
Face à la propagande guerrière, interview de Serge Halimi
-
La résilience, une idéologie de la soumission au désastre, interview de Thierry Ribault
-
Le gouvernement est formel : sauve-qui-peut !, par Pierre Thiesset
-
Toute-puissance atomique – L’illusion de la dissuasion, par Jean-Jacques Delfour
-
Cancers et infertilité : les effets secondaires de la croissance, interview de Dominique Belpomme
-
Cette civilisation qui sacrifie ses enfants
-
Le spectacle est terminé, interview d’Emmanuel Roux
-
La décroissance contre l’idéologie du bien-être
Fin du dossier
-
Lectures – En mémoire d’Edmond Thomas, par Michel Poulard
-
L’ogre électro-numérique, par Denis Bayon
-
Lectures – Guillaume Faburel, Les villes électroniques
-
Patrick Marcolini, Une île pour les philosophes de la décroissance (1ère partie) – Lectures
-
International: Les sans-terre face au totalitarisme industriel, par Denis Bayon
-
Lectures – François Graner, Incroyable : il vit sans portable !
-
Chronique de François Jarrige, La terreur des bétonneurs
-
Chronique de Laurence Savignon, Une éducation positive nocive
-
Pr Foldingue, La machine à fantasmes, interview de Dany-Robert Dufour
-
Lectures – Débat, La décroissance responsable de la crise agricole ?, avec Philippe Pointereau, Jean Némardesécolos, Matthieu Calame, Bernard Del’homme, Christian Mouchet et Olivier Morin
-
Stéphane Lhomme, Le nucléaire peut-il ressusciter ?
-
-
Brasero n°1 - Réédition
- La gueuse de Montmartre – Anne Steiner
- Le tour de France de Flora Tristan – Sidonie Mézaize Milon
- Trotskisme – Patrick Marcolini
- Kronstad 21 – Rubrique dirigée par Charles Jacquier
- La vérité sur Kronstadt – Marie Isidine
- Cahier Présence
- Jean-Louis Brau – Patrick Marcolini
- Anna Mahé – Anne Steiner
- Ali Ibn Muhammad – Nejib Sidi Moussa
- Sur la route de Joe Hill – Michèle Jacobs-Hermès
- Cahier Substance
- L’habit ne fait pas le guérillero – Sébastian Cortés
- On n’arrête pas le progrès – François Jarrige
- Les piqueurs – Frédéric Lavignette
- Cahier Marges
- Tolstoï contre les bolchéviques – Pierre Thiesset
- Mont Verità – Jean-Christophe Angaut et Anatole Lucet
- Le grand jeu, Révolution et révélation – Julien Lafon et Patrick Marcolini
- Annie Le Brun en toute dissonance – Entretien par Rémy Ricordeau et Sylvain Tanquerel
- Cahier Sens
- Le socialisme typographique de William Morris – André Tschan
- Le temps des oeillets – Zvonimir Novak
- Approchez, approchez, mesdames et messieurs – Naly Gérard
- Gribouille, le coeur en berne – Jacques Baujard et Alice Guillemard
- Cahier Pages
- Claude Tchou – Chantal Aubry
- Demain les chiens – Renaud Garcia
- Lire Orwell aujourd’hui – Charles Jacquier
- Témoins – Jean Norton Cru – François Roux
- Guérilleros France 1944 – Christophe Castellano et Henri Melich – Myrtille Gonzalo
- L’incendie du Reichstag – Didier Chauvet – Miguel Chueca
- Soixante-dix jours en Russie et autres textes – Angel pesta – François Roux
- « Black and white together… » – Peter Cole – Charles jacquier
- May la réfractaire – May Picqueray – Charles Jacquier
- L’étrange étranger – Mohamed Saïl – Xavier Crépin
- The future of intellectuals and the rise of the new class – Alvin W. Gouldner – Xavier Crépin
- Numéro dédier à la méloire de Bastien Roche – Cédric Biagini
La Brouette - num 6
Dans ce numéro 6 La Brouette…
…s’indigne de la marine marchande…
Entrer en résistance?
…rencontre des taupes vraiment pas top…
La CIA dans les années 1947-1963
…se demande si le big commerce ne confondrait pas fin de vie et fin devis…
« Le droit à mourir »
…suit le parcours d’une blouse blanche à la plage..
De médecin à libraire
…s’envole à tire-de-plume…
Ce qui répare de ce qui sépare
…Jusqu’au havre ed la bonne becquée…
Le temps d’un resto
…au nichoir qui mal y pense…
Biodiversdité et jardin
…s’autorise et s’autonomise…
Les conditions de possibilité d’un projet
…trouve de beaux sages dans le bocage…
Cap Orne
…et un bateau pas bateau…
Aodren Bronsard, entre plastiques et papilles
…s’émeut d’une frangine Caracole…
Les routes, un lieu de vie fondamental
…puis, permacole et cool..
Prendre soin de soi: la permaculture comme boussole pour l’avenir de l’humanité
…s’extasie de tant de bouquins…
Vivre et lire
…mais qu’on ne vienne pas lui dire qu’elle a une case en moins…
Mots croisés d’Alex
…finira-t-elle par se perdre dans les carrefours?…
Contact : votezbrouette@gmail.com
Brouette et ses fameuses vidéos de Casserole TV sont sur YouTube (Tapez votez brouette Youtibe)














