Dans son nouvel ouvrage « L’Ère de l’individu tyran. La fin d’un monde commun (Éditions Grasset), Éric Sadin analyse le phénomène inquiétant de l’émergence d’individus se croyant autonomes et tout-puissants alors qu’ils sont le produit d’une soumission à la croissance et au néolibéralisme.
L’article se compose de la quatrième de couverture du livre et d’un extrait de l’entrevue qu’il a donnée au journal « La décroissance N°154 »
En guise d'éditorial: Vous avez dit émancipation?
L’éditorial précédent recommandait de garder à l’esprit que les initiatives locales que prendront les nouvelles équipes municipales ne permettront pas de ramener dans d’illusoires justes bornes l’économie autonomisée (le capitalisme) qui fonde nos existences. La politique est l’esclave de l’économie.
Il en sera de même avec les élections présidentielles de 2027 parce que méconnaître les bases du système social capitaliste, ne pas vouloir les comprendre autrement que sous une forme tronquée ne peut qu’aller à l’échec. Nous devons nous distancier d’une conscience formatée par la logique de la valeur, de la marchandise, du travail et de l’argent. Une force réellement émancipatrice doit nécessairement faire cet effort de compréhension puis poser les questions décisives.
Revue de presse
Paul Molac. Une vision française de la Bretagne
Le regard est rivé sur l’horizon. L’attitude se veut décontractée. Le code vestimentaire est assumé. La photo du député français, Paul Molac, illustrant le numéro d’avril 2026 du magazine Bretons, proposée par Ouest-France, cristallise l’ambivalence de cet homme : entre modernisme et tradition, maturité et décontraction, ancrage et projection, sérénité et servilité.
Il le dit lui-même : il est « citoyen français de nationalité bretonne ». Il est à l’image du parti présidentiel La République en marche, voulu par Emmanuel Macron, à qui il doit sa seconde mandature comme député en 2017 dans la 4e circonscription du Morbihan. Il incarne tellement la macronie qu’il en imite les codes : tout comme Macron avec François Hollande, il semble avoir oublié les premiers soutiens de gauche qui avaient pourtant fait de lui un député en 2012.
À n’en pas douter, Paul Molac est un pur produit du macronisme : il fait du « en même temps ». Ni de gauche ni de droite, du centre mou plus certainement. Pas vraiment français, mais pas totalement breton non plus, un sabot en Bretagne, l’autre dans la capitale. Le grand écart devient difficile à maintenir.
04/04/2026 – Lire plus sur Le Libertaire
L’Incendie universel - Le sujet de l’antisionisme à gauche
Julien Chanet est travailleur associatif à Bruxelles. Diplômé de Science politique, il réfléchit aux théories politiques et aux tensions qui anime les gauches, notamment l’antisionisme et l’antisémitisme. Il a publié à ce sujet dans plusieurs revues (Daï, Revue K).
À l’heure où les débats sur le conflit israélo-palestinien, l’antisémitisme et les luttes antiracistes fragmentent les milieux progressistes, cet ouvrage propose une plongée sans concessions dans l’une des thématiques les plus sensibles du progressisme contemporain : le rapport de la gauche à l’antisionisme.
Les prises de position sur l’antisémitisme évitent bien souvent d’aborder les notions de sionisme et d’antisionisme, reléguées, au mieux, à des chapitres isolés, au pire, à des impensés idéologiques. Il devenait nécessaire de reprendre ces questions en profondeur, sans éluder les controverses, sans céder aux simplifications, et sans craindre les excommunications symboliques.
À partir d’un ancrage antiraciste et anti-autoritaire, l’auteur interroge les impasses d’un militantisme piégé par ses propres slogans, en particulier lorsque la question juive se retrouve rabattue sur un seul signifiant : Israël. En articulant des éléments de théorie politique, de sociologie militante et de géopolitique critique, l’ouvrage explore les glissements qui peuvent mener d’un antisionisme politique à un antisémitisme masqué, parfois même assumé. Et de se demander : existe-t-il un antisionisme progressiste qui ne soit pas réactionnaire ? À quelles conditions le sionisme peut-il redevenir un objet de discussion politique, et non un mot tabou ou un épouvantail ?
Si l’auteur ne parle pas « de l’extérieur », mais bien depuis la gauche, loin des chapelles et des professions de foi, il s’adresse plus largement aux lectrices et aux lecteurs soucieux de ne rien céder aux politiques de domination, aux narratifs nationalistes et identitaires ni aux logiques réactionnaires. Mais il tire aussi la sonnette d’alarme face aux angles morts de la critique sociale, qui peuvent se traduire par une forme d’antisionisme antisémite, souvent masquée derrière des postures morales ou des slogans simplificateurs. L’auteur ne cherche pas à délégitimer l’antisionisme comme position politique, mais à interroger les formes qu’il prend, ce qu’il ignore, ce qu’il produit — y compris son accaparement de la solidatité avec la Palestine.
Le mythe de la représentation et l’imposture des « démocraties » modernes
Ceux que l’on qualifie de « pères fondateurs » des « démocraties » modernes aux États-Unis et en France, mais aussi au Canada et ailleurs, n’ont jamais prétendu fonder une démocratie. Bien au contraire, ils étaient ouvertement et farouchement antidémocrates, car ils ne voulaient pas que le peuple puisse se gouverner directement. Ils étaient en faveur d’une « république », terme par lequel ils désignaient un régime dans lequel le pouvoir législatif se trouve entre les mains des parlementaires auxquels le pouvoir exécutif — le gouvernement — doit rendre des comptes et, très souvent, demander d’approuver le budget et le choix des ministres. Leur modèle n’était pas Athènes, mais bien Rome, avec son sénat, ses élections et l’absence d’assemblées populaires. À Rome, déjà, Quintus Cicéron expliquait aux candidats, dans son Petit manuel de campagne électorale, que l’électorat préfère « un mensonge de ta part plutôt qu’un refus » et que « ce qui est indispensable, c’est de connaître le nom des électeurs, de savoir les flatter, d’être assidu auprès d’eux, de se montrer généreux, de soigner sa réputation et de susciter, pour la manière dont on conduira les affaires de l’État, de vifs espoirs ». Le parlementarisme s’inscrit donc dans une vieille tradition de l’Antiquité, mais qui n’a rien à voir avec Athènes et sa démocratie (directe).
par Francis Dupuis-Déri sur Le partage
« Réflexions sur le racisme » par Cornelius Castoriadis
Exposé au colloque de L’ARIF « Inconscient et changement social », le 9 mars 1987.
Publié dans Connexions, n° 48, 1987,
puis dans Les carrefours du Labyrinthe III – Le monde morcelé, 1990, Seuil
(mis en ligne en 2009 sur le site du collectif Lieux communs).
Nous sommes ici, cela va de soi, parce que nous voulons combattre le racisme, la xénophobie, le chauvinisme et tout ce qui s’y apparente. Cela au nom d’une position première : nous reconnaissons à tous les êtres humains une valeur égale en tant qu’êtres humains et nous affirmons le devoir de la collectivité de leur accorder les mêmes possibilités effectives quant au développement de leurs facultés.
Démontage d’un enfumage : la bourse des valeurs favoriserait l’économie, par Frédéric Lordon
Transcription d’une vidéo de Frédéric Lordon au sujet d’un propos de Emmanuel Macron justifiant la réforme de l’impôt sur la fortune (I.S.F.) de décembre 2018.
Voyons comment Frédéric Lordon démonte l’imposture de la bourse des valeurs comme facteur d’investissements
Appel pour l’abolition de toute reproduction artificielle de l’humain
Un crime contre l’humanité a lieu sous nos yeux.
Ce crime, né du cerveau des biologistes et commis avec les moyens de la médecine et de la génétique, se présente sous les dehors d’un bienfait et d’une émancipation pour l’humanité.
Ce crime, c’est l’eugénisme (d’abord nommé viriculture ou aristogénisme), la sélection scientifique de l’espèce humaine, ainsi re-nommé en 1883 par Galton, un cousin de Darwin, également co-inventeur de la biométrie avec Karl Pearson (1857-1936)…
Un « régime de travail réellement humain » par Alain Supiot
Extrait de l’ouvrage de Alain Supiot « La gouvernance par les nombres » paru en 2015 aux éditions Fayard.
L’aspiration à un « régime de travail réellement humain » est elle compatible avec l’ « organisation scientifique du travail » et la mobilisation totale du capital humain dans une compétition généralisée ? La réponse dépend de l’interprétation que l’on fait de la notion de « régime de travail réellement humain » […]
Souveraineté, république sociale et élections européennes
Jacques COTTA et Marc Lebas – C’est l’intérêt général et l’exigence démocratique qui font de la souveraineté une exigence non négociable.
Ce qui intéresse l’UE, institution rejetée par referendum en 2005, c’est la PARTICIPATION au vote, alors qu’il est notoire que ce parlement n’a ni légitimité, ni réel pouvoir. Alors, quelles seraient les raisons de voter ?
Les femmes et la vie ordinaire – Christopher Lasch
Extrait du chapitre « Division sexuelle du travail, déclin de la culture civique et essor des banlieues » tiré de l’ouvrage de Christopher Lasch, « Les femmes et la vie ordinaire »
LASCH C. Les femmes et la vie ordinaire – 5. Division sexuelle du travail, déclin de la culture civique et essor des banlieues. Flammarion Champs essai, 1997, pp163-169
Appel des Chimpanzés du futur
Vous avez entendu l’ultimatum, cynique et provocant, de ce chercheur en cybernétique : « Il y aura des gens implantés, hybridés, et ceux-ci domineront le monde. Les autres qui ne le seront pas, ne seront pas plus utiles que nos vaches actuelles gardées au pré. » et encore, « Ceux qui décideront de rester humains et refuseront de s’améliorer auront un sérieux handicap. Ils constitueront une sous-espèce et formeront les chimpanzés du futur. »
En kiosques
N° 223 – mars-avril 2026 : La décroissance contre la désespérance
-
-
Agenda des amis de La Décroissance – Courriers des lecteurs
-
Éditorial : Le crash de la start-up nation
-
L’espérance, c’est la décroissance !, par Pierre Thiesset
-
La croissance attaque l’Arctique, Interview de Jan Borm
-
Le mouvement écologiste américain a été institutionnalisé et neutralisé, Interview de Will Potter
-
La saloperie : L’autoroute électrique, par Raoul Anvélaut
-
Casseurs de pub : Bientôt la pub dans ChatGPT, par Jean-Luc Coudray
-
Les écotartuffes : William McDonough et Michael Braungart, par Pierre Thiesset
-
Courriers des lecteurs – Bédé, Un anniversaire à l’ombre, par Druilhe et Domi
-
Courriers des lecteurs
-
interview de Stéphane, En avant la musique !
-
Lectures – Chronique de Patrick Chastenet, Sam Altman, le Terminator de l’IA
-
Méga-canal, méga-dégâts, Interview de Stéphane Crozat, Frédéric Huet, et Pteroi
DOSSIER – La décroissance contre la désespérance
-
Décroissance ou barbarie, par Nathanaël Wallenhorst
-
Face à la propagande guerrière, interview de Serge Halimi
-
La résilience, une idéologie de la soumission au désastre, interview de Thierry Ribault
-
Le gouvernement est formel : sauve-qui-peut !, par Pierre Thiesset
-
Toute-puissance atomique – L’illusion de la dissuasion, par Jean-Jacques Delfour
-
Cancers et infertilité : les effets secondaires de la croissance, interview de Dominique Belpomme
-
Cette civilisation qui sacrifie ses enfants
-
Le spectacle est terminé, interview d’Emmanuel Roux
-
La décroissance contre l’idéologie du bien-être
Fin du dossier
-
Lectures – En mémoire d’Edmond Thomas, par Michel Poulard
-
L’ogre électro-numérique, par Denis Bayon
-
Lectures – Guillaume Faburel, Les villes électroniques
-
Patrick Marcolini, Une île pour les philosophes de la décroissance (1ère partie) – Lectures
-
International: Les sans-terre face au totalitarisme industriel, par Denis Bayon
-
Lectures – François Graner, Incroyable : il vit sans portable !
-
Chronique de François Jarrige, La terreur des bétonneurs
-
Chronique de Laurence Savignon, Une éducation positive nocive
-
Pr Foldingue, La machine à fantasmes, interview de Dany-Robert Dufour
-
Lectures – Débat, La décroissance responsable de la crise agricole ?, avec Philippe Pointereau, Jean Némardesécolos, Matthieu Calame, Bernard Del’homme, Christian Mouchet et Olivier Morin
-
Stéphane Lhomme, Le nucléaire peut-il ressusciter ?
-
-
Brasero n°1 - Réédition
- La gueuse de Montmartre – Anne Steiner
- Le tour de France de Flora Tristan – Sidonie Mézaize Milon
- Trotskisme – Patrick Marcolini
- Kronstad 21 – Rubrique dirigée par Charles Jacquier
- La vérité sur Kronstadt – Marie Isidine
- Cahier Présence
- Jean-Louis Brau – Patrick Marcolini
- Anna Mahé – Anne Steiner
- Ali Ibn Muhammad – Nejib Sidi Moussa
- Sur la route de Joe Hill – Michèle Jacobs-Hermès
- Cahier Substance
- L’habit ne fait pas le guérillero – Sébastian Cortés
- On n’arrête pas le progrès – François Jarrige
- Les piqueurs – Frédéric Lavignette
- Cahier Marges
- Tolstoï contre les bolchéviques – Pierre Thiesset
- Mont Verità – Jean-Christophe Angaut et Anatole Lucet
- Le grand jeu, Révolution et révélation – Julien Lafon et Patrick Marcolini
- Annie Le Brun en toute dissonance – Entretien par Rémy Ricordeau et Sylvain Tanquerel
- Cahier Sens
- Le socialisme typographique de William Morris – André Tschan
- Le temps des oeillets – Zvonimir Novak
- Approchez, approchez, mesdames et messieurs – Naly Gérard
- Gribouille, le coeur en berne – Jacques Baujard et Alice Guillemard
- Cahier Pages
- Claude Tchou – Chantal Aubry
- Demain les chiens – Renaud Garcia
- Lire Orwell aujourd’hui – Charles Jacquier
- Témoins – Jean Norton Cru – François Roux
- Guérilleros France 1944 – Christophe Castellano et Henri Melich – Myrtille Gonzalo
- L’incendie du Reichstag – Didier Chauvet – Miguel Chueca
- Soixante-dix jours en Russie et autres textes – Angel pesta – François Roux
- « Black and white together… » – Peter Cole – Charles jacquier
- May la réfractaire – May Picqueray – Charles Jacquier
- L’étrange étranger – Mohamed Saïl – Xavier Crépin
- The future of intellectuals and the rise of the new class – Alvin W. Gouldner – Xavier Crépin
- Numéro dédier à la méloire de Bastien Roche – Cédric Biagini
La Brouette - num 6
Dans ce numéro 6 La Brouette…
…s’indigne de la marine marchande…
Entrer en résistance?
…rencontre des taupes vraiment pas top…
La CIA dans les années 1947-1963
…se demande si le big commerce ne confondrait pas fin de vie et fin devis…
« Le droit à mourir »
…suit le parcours d’une blouse blanche à la plage..
De médecin à libraire
…s’envole à tire-de-plume…
Ce qui répare de ce qui sépare
…Jusqu’au havre ed la bonne becquée…
Le temps d’un resto
…au nichoir qui mal y pense…
Biodiversdité et jardin
…s’autorise et s’autonomise…
Les conditions de possibilité d’un projet
…trouve de beaux sages dans le bocage…
Cap Orne
…et un bateau pas bateau…
Aodren Bronsard, entre plastiques et papilles
…s’émeut d’une frangine Caracole…
Les routes, un lieu de vie fondamental
…puis, permacole et cool..
Prendre soin de soi: la permaculture comme boussole pour l’avenir de l’humanité
…s’extasie de tant de bouquins…
Vivre et lire
…mais qu’on ne vienne pas lui dire qu’elle a une case en moins…
Mots croisés d’Alex
…finira-t-elle par se perdre dans les carrefours?…
Contact : votezbrouette@gmail.com
Brouette et ses fameuses vidéos de Casserole TV sont sur YouTube (Tapez votez brouette Youtibe)











