VIII/ Le travail, activité des hommes asservis

14 Jan 2019

Que le travailTravail Pour le courant de la critique de la valeur, Il ne faut surtout pas entendre le travail ici comme l'activité, valable à toute époque, d'interaction entre l'homme et la nature, comme l'activité en générale. Non, le travail est ici entendu comme l'activité spécifiquement capitaliste qui est automédiatisante, c'est à dire que le travail existe pour le travail et non plus pour un but extérieur comme la satisfaction d'un besoin par exemple. Dans le capitalisme le travail est à la fois concret et abstrait. Source: Lexique marxien progressif et l’asservissement soient identiques, voilà ce qui se laisse démontrer non seulement empiriquement, mais aussi conceptuellement. Il y a encore quelques siècles, les hommes étaient conscients du lien entre travail et contrainte sociale. Dans la plupart des langues européennes, le concept de «travail» ne se réfère à l’origine qu’à l’activité des hommes asservis, dépendants : les serfs ou les esclaves. Dans les langues germaniques, le mot désigne la corvée d’un enfant devenu serf parce qu’il est orphelin. Laborare signifie en latin quelque chose comme «chanceler sous le poids d’un fardeau», et désigne plus communément la souffrance et le labeur harassant des esclaves. Dans les langues romanes, des mots tels que travail, trabajo, etc., viennent du latin tripalium, une sorte de joug utilisé pour torturer et punir les esclaves et les autres hommes non libres. On trouve un écho de cette signification dans l’expression «joug du travail».

Même par son étymologie, le «travail» n’est donc pas synonyme d’activité humaine autodéterminée, mais renvoie à une destinée sociale malheureuse. C’est l’activité de ceux qui ont perdu leur liberté. L’extension du travail à tous les membres de la société n’est par conséquent que la généralisation de la dépendance servile, de même que l’adoration moderne du travail ne représente que l’exaltation quasi religieuse de cette situation.

Tripalium

Ce lien a pu être refoulé avec succès et l’exigence sociale qu’il représente a pu être intériorisée, parce que la généralisation du travail est allée de pair avec son «objectivation» par le système de production marchande moderne : la plupart des hommes ne sont plus sous le knout [1]Le knout (кнут en russe) désigne le fouet utilisé dans l’Empire russe pour flageller les criminels et délinquants politiques. Par métonymie, il désigne également le supplice (« donner le … Continue reading d’un seigneur incarné dans un individu. La dépendance sociale est devenue une structure systémique abstraite – et justement par là totale. On la ressent partout, et c’est pour cette raison même qu’elle est à peine saisissable. Là où chacun est esclave, chacun est en même temps son propre maître son propre négrier et son propre surveillant. Et chacun d’obéir à l’idole invisible du système, au «grand frère» de la valorisation du capital qui l’a envoyé sous le tripalium.

References

References
1 Le knout (кнут en russe) désigne le fouet utilisé dans l’Empire russe pour flageller les criminels et délinquants politiques. Par métonymie, il désigne également le supplice (« donner le knout »). Figurativement, le knout désigne une situation tyrannique (« vivre sous le knout »).

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