Les cinq stades de l’effondrement, par Dimitry Orlov

15 Juil 2018

Le livre de Dimitry Orlov, Les cinq stades de l’effondrement, est l’un des ouvrages fondateur de cette nouvelle « discipline » que l’on nomme aujourd’hui : « collapsologie », c’est à-dire l’étude de l’effondrement des sociétés ou des civilisations.
L’auteur a vécu l’effondrement de l’Union Soviétique. Immigré aux États-Unis, il a su conserver, à l’instar d’un Soljenitsyne, un regard critique sur son nouveau pays et sur les sociétés occidentales en général.
Il a su y déceler les prémices d’un effondrement et les faits lui donnent de plus en plus raison…

Les cinq stades de l’effondrement

Les cinq stades

Les cinq stades de l’ effondrement selon Dimitry Orlov sont :

  1. L’effondrement financier, les banques ne répondent plus, l’accès au capital est perdu et les placements financiers réduits à néant.
  2. L’effondrement commercial, les magasins sont vides, les monnaies dévaluées
  3. L’effondrement politique, le gouvernement a perdu sa légitimité et n’est plus un recours
  4. L’effondrement social : les institutions sociales ne remplissent plus leur fonction de protection
  5. L’effondrement culturel : les gens perdent leur capacité de bienveillance, d’honnêteté, de charité.

Les raisons de l’optimisme

Dimitry Orlov donne des raisons de se réjouir :

  • Aucun stade de l’effondrement n’est totalement inévitable ;
  • Un rétablissement partiel après l’ effondrement est possible ;
  • La chronologie relative des effondrements peut varier ;
  • Certaines régions peuvent être stabilisées ;
  • Il est salutaire de laisser s’effondrer un système condamné.

De même que l’auteur a défini cinq stades de l’effondrement, il propose cinq étapes de la réaction à cet effondrement :

  • Stade 1 : Vivre sobrement, avec peu d’échanges monétaires
  • Stade 2 : Pourvoir aux besoins élémentaires
  • Stade 3 : Organiser une administration locale
  • Stade 4 : Développer une culture communautaire, basée sur la responsabilité mutuelle
  • Stade 5 : Pratiquer les vertus humaines classiques (gentillesse, générosité, considération, affection, honnêteté, hospitalité, compassion, charité…), qui ne sont pas tant des vertus que des nécessités pour la cohésion du groupe, particulièrement pour les sociétés de chasseurs-cueilleurs, celles qui ont modelé notre évolution.

« Contrairement à ce que pourraient penser les personnes qui abordent ce sujet, le message de l’auteur se veut optimiste. On retrouve d’ailleurs cette forme d’espoir collapsologiste dans des textes plus récents comme « L’entraide. L’autre loi de la jungle » de Pablo Servigne et Gauthier Chapelle (Les liens qui libèrent 2017) ou la tribune d’Yves Cochet « De la fin d’un monde à la renaissance en 2050 » parue le 23 août 2017 sur le site de Libération » Ghislain Nicaise institut Momentum

Voir aussi sur le site « Les crises »

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Publié dans Connexions, n° 48, 1987,
puis dans Les carrefours du Labyrinthe III – Le monde morcelé, 1990, Seuil
(mis en ligne en 2009 sur le site du collectif Lieux communs).
Nous sommes ici, cela va de soi, parce que nous voulons combattre le racisme, la xénophobie, le chauvinisme et tout ce qui s’y apparente. Cela au nom d’une position première : nous reconnaissons à tous les êtres humains une valeur égale en tant qu’êtres humains et nous affirmons le devoir de la collectivité de leur accorder les mêmes possibilités effectives quant au développement de leurs facultés.

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