Terres libérées. Où ça ?

20 Déc 2025

Pierre Fournier, « Terres libérées. Où ça ? »

« La Nature », nous ne savons pas du tout ce que c’est. Nous ne savons pas ce qui, dans nos comportements, est dicté par « la Nature » ou par des conditionnements dont l’hérédité culturelle a pu faire une seconde nature. Il est probable que nous ne pouvons pas le savoir, et que nous aurions tort de chercher à le savoir. Il vaut mieux essayer de recréer par tâtonnements, sans a priori, des conditions de vie telles que la Nature et la Culture puissent, en nous, cohabiter paisiblement, s’accorder.
Je n’écris pas ça pour juger sans connaître. Il n’est pas exclu, par exemple, que la sexualité de groupe soit, en fournissant à plus de deux adultes la satisfaction de l’instinct maternel et paternel offerte par un seul enfant, une incitation à la régulation des naissances, qui est aujourd’hui de première nécessité. Ni que cette forme de partage sans exclusive soit un préalable utile à la substitution d’une économie de partage à une économie d’échange, qui est bien le but final du mouvement communautaire. Mais – le récent rapport Simon semble le démontrer – l’évolution générale va dans l’autre sens, celui d’une affirmation du couple, et ceci au moment et dans la mesure où la jeunesse s’affranchit de la morale sexuelle bourgeoise. Sur ce plan comme sur beaucoup d’autres, la vague communautaire semble accuser un retard, enfoncer des portes que l’ensemble de la société a déjà franchies sans s’en apercevoir, à travers un processus naturel, de passage d’un compromis à un autre, celui dont les communards justement, dans leur enthousiasme épuré, ne voient pas assez la nécessité. Bref, le mouvement communautaire, jusqu’à aujourd’hui, semble s’être enlisé dans les marges par manque de réalisme, par goût des solutions toutes prêtes, par la fascination qu’exerce le modèle « contre-culturel » américain (nous sommes tous, dans le monde d’aujourd’hui, les provinciaux de l’Amérique).

Les amis de Barleby

Ça devrait vous plaire aussi :

Je regrette de ne pas avoir travaillé sous pseudo

Je regrette de ne pas avoir travaillé sous pseudo

Inès Léraud et Morgan Large, enquêtrices avec une cible dans le dos Trois déboulonnages. Des menaces répétées. Morgan Large et Inès Léraud, journalistes d’investigation en Bretagne, paient cher leurs enquêtes sur l’agro-industrie. Elles décrivent à Bon pote la...

0 commentaires