Lettres du lac de Côme de Romano Guardini : le pressentiment de l’odieux panurgisme qui maintenant nous déshonore, par Gregory Mion.
La toute première impression, en lisant ces splendides et impressionnantes Lettres du lac de Côme de Romano Guardni, c’est de douter franchement de leur date de composition et de publication, tant elles paraissent avoir été rédigées hier, avant-hier tout au plus, et cela bien sûr en dépit même du fait que les horreurs massives de la Seconde Guerre mondiale ne pouvaient que démentir radicalement les espoirs affichés par l’auteur dans sa toute dernière lettre, assez étrange et comme contrainte, que nous évoquerons plus avant.
En tout cas, le préfacier a raison de noter que si «l’expérience nazie» est «si profondément liée au traumatisme de la guerre mondiale [qu’elle] reste un jalon essentiel», nous ne devons toutefois pas «occulter ce que, précisément, le petit livre de Guardini cherchait à pointer du doigt et dont la ligne directrice visait, bien au-delà de la trop visible barbarie montante, un point de non-retour à partir duquel la barbarie n’apparaîtrait plus comme la pure et simple négation de l’humanité mais se révélerait comme la conséquence logique d’un développement du phénomène humain déterminé par ses propres moyens d’autodétermination».



0 commentaires