« Pour principe, la liberté absolue de conscience » - Grand Orient

dimanche 23 mai 2010
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Frédéric Desmons (1832-1910) est un pasteur, franc-maçon et homme politique français.

La franc-maçonnerie, institution essentiellement philanthropique, philosophique et progressive, a pour objet la recherche de la vérité, l’étude de la morale universelle, des sciences et des arts, et l’exercice de la bienfaisance.
Elle a pour principes l’existence de Dieu, l’immortalité de l’âme et la solidarité humaine. Elle regarde la liberté de conscience comme un droit propre à chaque homme et n’exclut personne pour ses croyances. Elle a pour devise : Liberté, Égalité, Fraternité.

Article 1er de la constitution du Grand orient de france de 1865.

Nous demandons la suppression du second paragraphe de l’article premier de notre Constitution, parce qu’il nous paraît contradictoire avec le paragraphe suivant du même article (ci dessus).
Nous demandons cette suppression, parce que cette formule nous paraît devoir créer bien souvent des embarras à bien des vénérables et à bien des loges qui, dans certaines circonstances sont contraints, ou bien d’éluder la loi, ou bien de la violer. Or, la Maçonnerie ne doit-elle pas donner toujours l’exemple de l’observation et du respect de la loi ?
Nous demandons la suppression de cette formule parce que, embarrassante pour les vénérables et les loges, elle ne l’est pas moins pour bien des profanes qui, animés du sincère désir de faire partie de notre grande et belle institution qu’on leur a dépeinte, à bon droit, comme une institution large et progressive, se voient tout à coup arrêtés par cette barrière dogmatique que leur conscience ne leur permet pas de franchir.
Nous demandons la suppression de cette formule parce qu’elle nous paraît tout à fait inutile et étrangère au but de la Maçonnerie. - Quand une société de savants se réunit pour étudier une question scientifique, se sent-elle obligée de mettre à la base de ses statuts une formule théologique quelconque ? - Non n’est-ce pas ? - Ils étudient la science indépendamment de toute idée dogmatique ou religieuse. - Ne doit-il pas en être de même de la Maçonnerie ? Son champ n’est-il pas assez vaste, son domaine
assez étendu, pour qu’il ne lui soit point nécessaire de mettre le pied sur un terrain qui n’est point le sien ?
Non. Laissons aux théologiens le soin de discuter des dogmes. Laissons aux Églises autoritaires le soin de formuler leur Syllabus. - Mais que la Maçonnerie reste ce qu’elle doit être, c’est-à-dire une institution ouverte à tous les progrès, à toutes les idées morales et élevées, à toutes les aspirations larges et libérales Qu’elle ne descende jamais dans l’arène brûlante des discussions théologiques qui n’ont jamais amené, - croyez-en celui qui vous parle, - que des troubles et des persécutions. - Qu’elle se garde de vouloir être une Église  , un concile, un synode ! Car [tous] ont été violents et persécuteurs, et cela, pour avoir toujours voulu prendre pour base, le dogme, qui, de sa nature, est essentiellement inquisiteur et intolérant. Que la Maçonnerie plane donc majestueusement au-dessus de toutes ces questions d’églises ou de sectes ; qu’elle domine de toute sa hauteur, toutes leurs discussions ; qu’elle reste le vaste abri toujours ouvert à tous les esprits généreux et vaillants, à tous les chercheurs consciencieux et désintéressés de la vérité, à toutes les victimes enfin du despotisme et de l’intolérance. [...]
[D’où] la résolution suivante que nous avons la faveur de vous proposer :
1. L’Assemblée, considère que la franc-maçonnerie n’est pas une religion ; qu’elle n’a point par conséquent à affirmer dans sa Constitution des doctrines ou des dogmes : adopte le vœu [concerné] [... ] .
4. L’Assemblée décide enfin que l’art. I" de la Constitution aura désormais la teneur suivante :
« La franc-maçonnerie, institution essentiellement philanthropique, philosophique et progressive, a pour objet la recherche de la vérité, l’étude de la morale universelle, des sciences et des arts, et l’exercice de la bienfaisance. Elle a pour principe la liberté absolue de conscience et la solidarité humaine. [Elle n’exclut personne pour ses croyances.] Elle a pour devise : Liberté, Égalité, Fraternité. »

Frédéric Desmons, Compte-rendu du convent   de 1877, Bulletin du Grand Orient de france.


Franc-Maçonnerie : les textes fondateurs