« Le tout premier noyau de la confrérie de la Rose-Croix » - Rose Croix

mercredi 27 janvier 2010
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Aux régents, aux ordres et aux hommes de science de l’Europe. [...]
C’est dans [la] perspective d’une réforme universelle que notre défunt père, Frère C.R. - esprit religieux, élevé, hautement illuminé, Allemand, chef et fondateur de notre Fraternité - a consacré de grands et longs efforts. [...] [Car] le monde, à l’époque déjà enceint d’un grand boule¬versement, ressentait les douleurs de l’enfantement. Il engendrait également des héros, inépuisables et glorieux, qui brisaient violemment les ténèbres et la barbarie, et que - faibles que nous étions - nous ne pouvions que contrefaire. [...]
Après avoir accompli nombre de pénibles voyages et délivré un enseignement diligent qui souvent porta à faux, notre bien-aimé père - Frère C.R. - revint en Allemagne. Il lui tenait à cœur d’y être présent à cause des changements d’envergure dont l’imminence se faisait sentir et des luttes étranges et périlleuses qui s’y préparaient. Dans son pays, en dépit de la maîtrise dont il aurait pu se glorifier, notamment en matière de transmutation des métaux, il estima que le Ciel et les hommes qui en sont citoyens valent mieux que la pompe et les satisfactions de la vanité. [ ...] Au bout de cinq ans, son désir si vif de réforme lui revint en mémoire. En l’absence de toute aide et de tout autre soutien, [...] il entreprit de la tenter de son propre chef avec une petite poignée de collaborateurs. [...] Il les attacha à lui par un engagement suprême de fidélité, de diligence et de silence et les exhorta à noter soigneusement toutes ses instructions par écrit, afin que les membres susceptibles d’être admis ultérieurement - après réception d’une révélation spéciale - ne fussent abusés d’un iota.
Ces quatre personnes formèrent donc le tout premier noyau de la confrérie de la Rose-Croix  , et les paroles prononcées alors servirent de base à la composition de la langue et de l’écriture magiques [...] dont nous faisons usage quotidien pour la gloire   et l’honneur de Dieu, en y puisant une profonde sagesse. [...] Ils devaient rassembler en un volume tous les désirs, souhaits et espoirs des hommes.
Sans mettre en doute les remarquables pro¬grès advenus depuis cent ans dans le monde, nous avons cependant la conviction que notre axiomatique restera immuable jusqu’à la fin du monde. Même en son dernier et suprême âge, le monde ne verra rien de plus. [...]
Quand ces Frères eurent pourvu aux dispositions et aux arrangements nécessaires, que leur labeur spécifique fut mené à bien et que chacun eut parfait son exposé sur la philosophie révélée et secrète, ils se séparèrent rapidement. Ils se dispersèrent dans tous les pays comme ils en avaient convenu au préalable, non seulement pour soumettre secrètement leur axiomatique aux érudits afin qu’ils en fissent un examen plus approfondi, mais encore pour qu’ils s’informassent mutuellement des erreurs éventuelles observées dans certains lieux de leur périple. [...]
Aussi, pour suivre l’avis de notre Frère C.R., adressons-nous la requête suivante aux disciples et hommes de science européens, qui liront nos présents Échos et notre Confession en six langues. Qu’ils mesurent d’un esprit réfléchi notre prière de soumettre leurs arts à un examen des plus cis et rigoureux, et qu’ils considèrent avec attention l’époque moderne avant de nous communiquer le résultat de leurs méditations communes ou individuelles par le biais de publications. Bien qu’actuellement nous n’ayons mentionné ni nos noms ni notre lieu de rassemblement, il est en effet certain que les avis de tous viendront à notre connaissance, quelle que soit leur langue. Et que tous ceux qui indiqueront leur nom ne manqueront pas de s’entretenir avec chacun d’entre nous, de vive voix ou par écrit s’ils ont des doutes. Nous proclamons au contraire la vérité suivante : quiconque nourrira à notre égard sérieux et cordialité en profitera en son bien, son corps et son âme. En revanche, quiconque est faux en son cœur ou cupide ne nous causera absolument aucun mal, mais se plongera dans une misère des plus profondes. Quand bien même notre demeure aurait été vue de près par cent mille hommes, elle demeurerait vierge, intacte, inconnue, soigneusement cachée - pour l’éternité - aux yeux des impies. « À l’ombre de tes ailes, Jéhovah. »

Fama Fraternitatis, d’après la trad. de B. Gorceix, in La Bible des Rose-Croix  , PUF, 1998


L’ésotérisme : kabbale, franc-maçonnerie, soufisme