« Heureux qui est instruit de ces choses » - Demeter

lundi 28 décembre 2009
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 Hymne homérique à Démeter, Trad. Leconte de Lisle (1868)

Je commence par chanter Déméter aux beaux cheveux, vénérable Déesse, elle et sa fille aux belles chevilles, qu’Adonis, du consentement du retentissant Zeus au large regard, enleva loin de Déméter à la faucille d’or et aux beaux fruits [...]. Ce narcisse était beau à voir, et tous ceux qui le virent l’admirèrent, Dieux immortels et hommes mortels. [...] La Vierge, surprise, étendit les deux mains en même temps pour saisir ce beau jouet ; mais voici que la vaste terre s’ouvrit dans les plaines de Nysios, et le Roi insatiable, illustre fils de Cronos, s’en élança, porté par ses chevaux immortels. Et il l’enleva de force et la porta pleurante sur son char d’or. [...]
Les cimes des montagnes et les profondeurs de la mer résonnaient de sa voix immortelle, et sa mère vénérable l’entendit. Pendant neuf jours, la vénérable Déméter erra sur la terre [...] Elle alla vers les villes des hommes et les grasses cultures, en dérobant pour longtemps sa beauté. Et personne, parmi les hommes et les femmes aux larges ceintures qui la virent, ne la reconnut, avant qu’elle fût arrivée dans la demeure du prudent Céléus, qui, alors, était roi de l’odorante Éleusis  . [...]
Déméter nourrit dans les demeures le fils illustre du prudent Céléus, Démophon. [...] Déméter l’oignait d’ambroisie, et, le portant sur son sein, elle soufflait doucement sur lui comme sur l’enfant d’un Dieu. La nuit, elle l’enveloppait de la force du feu, telle qu’une torche, à l’insu de ses chers parents, et il semblait merveilleux à ceux-ci de le voir grandir avec tant de vigueur ayant l’aspect d’un Dieu.

(Surprise par la reine Métanira, Déméter renonce à en faire n dieu et exige réparation.)

« Que tout le peuple me bâtisse un grand temple, et un autel dans ce temple, sous la haute muraille de la ville, sur le Kallikhoros et la colline élevée. Et, moi-même, je vous enseignerai mes Mystères, afin qu’à l’avenir vous me sacrifiiez selon le rite et que vous apaisiez mon esprit. »
Céléus, convoquant la multitude diverse du peuple à l’agora [1]., ordonna de bâtir à Déméter aux beaux cheveux un temple magnifique et un autel sur la haute colline.

(Adonis rend à Déméter sa fille Perséphone, non sans lui faire avaler des grains de grenade qui l’obligent à revenir à l’Hadès. Déméter dévoile le piège à sa fille.)

« Si tu as goûté ceci, tu retourneras sous les profondeurs de la terre et tu y resteras la troisième partie de l’année, et, les deux autres parties, auprès de moi et des Immortels. Et quand la terre s’ornera de toutes les fleurs parfumées du printemps, alors tu remonteras de nouveau des épaisses ténèbres, comme un grand prodige pour les Dieux et les hommes mortels. »
Déméter à la belle couronne ne s’y refusa pas, et, aussitôt, elle produisit les fruits des champs fertiles. Et toute la vaste terre se hérissa de feuilles et de fleurs ; et Déméter, en partant, instruisit les Rois qui rendent la justice : Triptolème, et Dioclès dompteur de chevaux, et la force d’Eumolpos, et le chef des peuples Céléus. Et elle les instruisit du ministère sacré, et elle les initie tous, Triptolème, Polyxène, et surtout Dioclès, à ses mystères sacrés qu’il n’est permis ni de négliger, ni de sonder, ni de révéler, car le grand respect des Dieux réprime la voix.
Heureux qui est instruit de ces choses parmi les hommes terrestres ! Celui qui n’est point initié aux choses sacrées et qui n’y participe point ne jouit jamais d’une semblable destinée, même mort, sous les ténèbres épaisses. »

 Inscription trouvée à Éleusis  

Pour les mortels, la mort n’est plus un mal mais une bénédiction.


L’ésotérisme : kabbale, franc-maçonnerie, soufisme

[1chez les grecs, grande place où siègeait l’assemblée du peuple