« Cette perfection s’appelle l’alchimie » - Paracelse

mercredi 27 janvier 2010
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Venons au troisième fondement de la Médecine qui est l’Alchimie  , en laquelle
si le Médecin ne s’exerce avec très grande étude et affection, et ne s’y rend très-par fait [...], tout ce qu’il sait d’autres choses lui est inutile et vain. Parce que la Nature est si subtile et habile en ces choses, qu’elle ne peut être prise ni comprise sans grande industrie. Car elle ne produit rien qui ne soit parfait pour sa fin, mais il faut que l’homme perfectionne tout, et cette perfection s’appelle Alchimie  . L’Alchimiste est comme le Boulanger qui cuit le pain, ou comme le Vigneron qui exprime et pressure le raisin pour préparer le vin, ou le Tisserand qui fait le linge et les draps : ainsi quand la nature a produit quelque chose pour l’utilité de l’homme, c’est l’Alchimiste qui la prépare et la rend prête à s’en servir. [...]
Attendu que nous avons intention de discourir ici du vrai fondement des préparations de la Médecine, sache que ce fondement doit procéder de la Nature, comme si un Cuisinier faisait cuire du poivre dans de la bouillie. Car cette préparation des remèdes, c’est ici le souverain secret et principale fin. À savoir qu’après que tu auras atteint la connaissance de la Philosophie et Astronomie, c’est-à-dire la nature des maladies et médicaments et leur entière concordance, la plus grande chose et principale conclusion, et le plus nécessaire point, est de savoir comme il te faut appliquer ce que tu fais. Or la Nature de soi-même t’enseigne en toutes ces choses quelle diligence tu dois avoir pour cuire tes remèdes à la perfection : ainsi que l’Été fait mûrir la poire et le raisin, ainsi faut-il préparer les remèdes. Que si tu prends ce soin, alors tu verras que ton remède opèrera comme il doit ; partant s’il est vrai que ta Médecine doit produire son fruit ainsi que l’Été, sache que l’Été fait ceci par le moyen de l’Alchimie   et non sans elle. Puis donc que l’Alchimiste fait telles opérations, sache que cette préparation se doit adresser en telle sorte qu’elle soit sujette aux Astres, car les Astres perfectionnent les œuvres du Médecin.
Il faut donc entendre la Médecine selon les Astres, et que par eux elle soit ordonnée et disposée. Et que l’on ne dise plus : cela est froid ; cela est chaud ; ceci humide et ceci est sec. Ainsi il faut dire : ceci est Saturne ; cela Mars ; cela Vénuset cela le Pôle. Et après le Médecin marchera par la droite voie. Après, il faut que le bon Médecin sache par quel moyen il pourra assujettir le Mars naturel au Mars astral, comme il les doit conjoindre et assembler. Car en cela est le nœud de la besogne qu’aucun Médecin, depuis le premier jusques à moi, n’a encore entrepris à dénouer. Il faut donc entendre en cette sorte ce qui a été ci-devant dit que le remède doit être préparé selon les Astres et qu’il soit rendu astral. Car les corps célestes et supérieurs mortifient et font les malades, et les mêmes corps les soulagent et guérissent.
La sphère du Monde
Par quoi tout ce qui se fait au monde ne se peut faire sans les Astres. Ceci étant pour constant que c’est avec les Astres, il faut nécessairement que par la préparation le Médecin soit dirigé par le Ciel, ainsi que les Prophètes et les autres actions dépendent du Ciel. À savoir (comme vous voyez) que les Astres font voir les Prophéties, la grande tempête, les homicides, les maladies sanguinolentes, les guerres, les batailles, les pestes, la famine, etc. Le Ciel signifie toutes ces choses, car c’est le Ciel qui les fait. Or ce qu’il fait, il le peut faire savoir et signifier. Ces choses sont faites par lui, et de lui aussi dépendent les sciences par lesquelles on peut savoir toutes ces choses. Étant donc du Ciel, aussi sont-elles gouvernées par le Ciel, en sorte qu’elles opèrent selon sa volonté. Tellement que ce qui avait été prédit sort en effet, car toutes les choses susdites sont préparées par le Ciel, selon sa volonté, et partant il les régit et adresse. Or entendez le même de la Médecine [...].

Paracelse  , discours de l’Alchimie  , Troisième fondement de la médecine, Arché, 1981


L’ésotérisme : kabbale, franc-maçonnerie, soufisme