« Aucune querelle privée ne doit franchir la porte de la loge... » - Les Constitutions d’Anderson

vendredi 14 mai 2010
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 En loge lorsque les travaux sont ouverts.

On ne doit pas tenir de comités privés ou de conversations particulières sans l’autorisation du maître. On ne doit parler de choses inconvenantes, ni interrompre le maître ou les surveillants, ou un frère qui parle au maître. On ne doit point se conduire de façon ridicule lorsque la loge est occupée à des choses solennelles, ni user d’un langage grossier, sous quelque prétexte que ce soit. Il faut au contraire montrer toute la déférence qui leur est due à votre maître, à vos surveillants et à vos compagnons. [...]

 Quand la loge est fermée et que les frères ne sont pas partis.

On peut avoir plaisir à jouir d’une joie simple, en s’invitant mutuellement selon ses moyens, mais en évitant tout excès [...]. On ne doit rien faire ou rien dire de déplaisant, ou qui puisse empêcher que la conversation soit détendue. Cela détruirait notre harmonie et anéantirait nos bonnes intentions. Aussi, aucune querelle privée ne doit franchir la porte de la loge, et surtout pas les querelles à propos de la religion, des pays, de la politique générale, car en tant que maçons, nous n’appartenons qu’à la religion universelle évoquée plus haut. Nous sommes aussi de toutes nations, de toutes tribus, de tous peuples et de toutes langues, et nous sommes résolument opposés à toutes les théories politiques, parce qu’elles n’ont encore jamais contribué au bien-être de la loge, ni ne le feront jamais. On a toujours imposé strictement cette obligation et on l’a respectée, et tout spécialement depuis la Réformation en Grande-Bretagne, ou la séparation de ces pays d’avec la communion de Rome. [...]

 Quand les frères se réunissent hors de la présence d’inconnus, mais pas en loge [...]

En présence d’inconnus qui ne sont pas maçons. Il faut être prudent en paroles et en actions, de sorte que l’inconnu le plus perspicace ne puisse deviner ce qu’on ne doit pas lui permettre d’apprendre. Il faut parfois détourner la conversation, et l’orienter avec prudence pour l’honneur de la respectable Fraternité.

  À la maison et dans son entourage.

On doit agir comme il convient à un homme sage et moral. En particulier, on ne doit rien dire des affaires de la loge à sa famille, à ses amis et à ses voisins. [...] II faut aussi tenir compte de sa santé, et ne pas rester trop tard avec les autres. [...]

 Envers un frère inconnu.

On doit le tuiler avec précaution, selon la méthode que vous dictera la prudence, pour ne pas être abusé par un imposteur ignorant, qu’il conviendra de repousser avec mépris. Gardez-vous bien de lui donner le moindre renseignement. Si l’on découvre que c’est un frère authentique, il faut le respecter en conséquence. S’il est dans le besoin, on doit le secourir si on peut le faire, ou alors lui indiquer comment il peut l’être. On doit l’employer pendant quelques jours, ou bien le recommander pour un emploi. Mais on n’est point tenu d’agir au-delà de ce qu’on peut faire. Il faut seulement donner la préférence à un frère pauvre, c’est-à-dire à un homme bon et loyal, sur tout autre pauvre se trouvant dans la même situation.
En conclusion, on doit observer toutes ces obligations, comme celles qui seront communiquées d’une autre manière. Il faut cultiver l’amour fraternel, fondement et pierre angulaire, ciment et gloire   de cette ancienne Fraternité ; éviter toutes disputes, la calomnie, et ne permettre à quiconque de calomnier un frère honnête. Il faut au contraire défendre sa réputation, lui rendre tous les services possibles autant que cela est compatible avec votre honneur et votre sécurité, mais pas davantage. Si l’un d’entre eux vous fait du tort, on doit s’adresser à sa loge ou à la sienne. On peut ensuite faire appel, lors de la tenue de grande loge, et encore ensuite au convent   annuel [...]. Il ne faut jamais avoir recours à la loi, sauf quand le cas ne peut être tranché d’une autre manière. [...] Ainsi, tous pourront voir l’influence bénéfique de la Maçonnerie, et ce que tous les véritables maçons ont fait depuis le commencement du monde, et qu’ils feront jusqu’à la fin des temps. [...]

Constitutions d’Anderson (1723), D’après http://reunir.free.fr/


Franc-Maçonnerie : les textes fondateurs